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Aurélien
Kollbrunner

création audiovisuelle, web et graphisme

Bête Humaine – HeyKey x Francis Cornu

Catégories : Graphisme, Illustration, Musique

Bête Humaine | HeyKey x Francis Cornu | Août 2025

La Bête Humaine est une plongée dans l’ombre, une confrontation intime avec ce qui nous échappe : l’instinct, la rage, le désir brut. Sur une composition tendue où les violons lacèrent l’air, où un piano distordu se heurte à un piano lumineux, deux voix s’entrelacent et s’opposent. L’une incarne la bête tapie dans l’homme, l’autre l’homme traversé, hanté par la bête.

Des chants éthérés planent comme une brume spectrale, tandis que les réminiscences du film La Bête Humaine ouvrent l’espace, rappelant que cette lutte intérieure n’est pas nouvelle mais éternelle.

Le texte ne cherche pas à dompter le monstre, ni à l’exorciser : il le donne à entendre, nu, sans morale ni échappatoire. La Bête Humaine ne raconte pas la victoire ni la défaite, mais l’éternel corps à corps qui nous définit — ce face-à-face vertigineux où l’homme et l’animal ne cessent de s’échanger leurs masques.

Le visuel

Sous des aplats d’aquarelle se rejoue une scène antique : l’homme aux prises avec un fauve. Une lutte figée, mais où l’on ne sait plus très bien qui dévore qui. La référence à Hercule contre le lion de Némée s’efface derrière une symbolique plus trouble : ce n’est plus un héros mythologique qui terrasse le monstre, mais chaque être humain confronté à son propre fauve intérieur.

Pas de gloire, pas d’apothéose, juste une étreinte violente et inéluctable. L’aquarelle brouille les contours, comme si la frontière entre l’homme et l’animal s’effaçait au fil des coups. Le spectateur hésite — assiste-t-on à une victoire, à une défaite, ou simplement à l’éternelle répétition d’un duel qui ne s’achève jamais ?

C’est une image à la fois archaïque et intime : le combat mythologique ramené à l’échelle de nos tripes, un miroir tendu sur la bête tapie en chacun.