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Aurélien
Kollbrunner

création audiovisuelle, web et graphisme

Stay Broken – James Ferro

Catégories : Clip, Vidéo

Stay Broken | James Ferro | Novembre 2024

James m’a demandé de réaliser un clip pour son morceau Stay Broken, extrait de son nouvel EP.

Il m’a parlé du clip Someday de Weval, qui met en scène diverses images en stop motion avec une composition répétitive et cohérente.

Étant donné la sortie imminente de l’EP, pour lequel le clip devait assurer la promotion, et compte tenu des moyens financiers quasi inexistants (approchant les 0 CHF), j’ai proposé de générer les images via une IA locale, en utilisant un procédé un peu particulier.

J’ai contacté Tiago de l’association Trois Petits Points pour qu’ils nous apportent leur soutien sur le partage du clip à sa sortie et pour acheter un peu de matériel pour le tournage. Merci aux Trois Petits Points pour tout ça.

L’idée du clip

Nous avons défini ensemble les grandes lignes du projet, centrées sur l’idée de monotonie, avec une libération progressive en fin de parcours. Chacun est libre de l’interpréter à sa manière, mais pour ma part, j’y vois un message universel.

Le clip exprime cette sensation de vivre les mêmes journées en boucle : quelques détails changent, mais les routines restent identiques, encore et encore, car nous sommes pieds et poings liés à un système qui nous enferme.

La génération des images

J’ai utilisé ComfyUI, une interface basée sur Stable Diffusion qui repose sur un système nodal pour structurer les étapes de génération d’images.

Le workflow commence avec une image source analysée pour en extraire une depth map (carte de profondeur).

À partir de cette carte et en combinant des prompts (positifs et négatifs), j’ai appliqué un controlnet, permettant de générer une nouvelle image.

Ce processus conserve la structure de l’image initiale tout en s’appuyant sur les indications des prompts.

Des centaines d’images ont été générées pour créer l’effet stop motion. Mon ordinateur a tourné sans interruption pendant plusieurs jours et nuits.

Un tri s’est ensuite imposé, car de nombreuses images étaient inutilisables. Il a parfois fallu ajuster les prompts, affiner les depth maps, ou choisir d’autres images sources pour obtenir le résultat désiré.

Le tournage

Initialement, je pensais que James tiendrait le rôle principal dans le clip. J’avais également quelques idées d’acteurs, mais James m’a proposé de contacter Yoann Provenzano.

Je n’étais pas très enthousiaste au début : je pensais qu’il serait trop occupé pour participer à notre projet, et je craignais qu’il impose ses choix artistiques, risquant de me faire perdre le contrôle de la direction. Finalement, j’ai donné mon accord à James, et Yoann a rapidement accepté de se joindre à nous.

J’ai pris énormément de plaisir à travailler avec Yoann. C’est une personne très naturelle, humble et sympathique. Nous avons tourné dans mon salon avec un fond vert improvisé. L’ambiance était détendue, et nous avons beaucoup ri.

Pour les scènes dans le bus, j’ai fait asseoir Yoann sur la table basse recouverte de fond vert. Je lui ai demandé de réaliser des mouvements saccadés pour les synchroniser ensuite avec le stop motion des arrière-plans générés.

Montage et postproduction

Il était crucial que les images filmées s’accordent avec le rythme du stop motion. J’ai donc choisi un rythme de 24 images par seconde, avec une postérisation temporelle à 8 images par seconde.

Chaque image est ainsi répétée sur 3 frames, que ce soit pour les fonds générés ou pour les plans de Yoann. J’ai également accéléré les plans de ce dernier pour renforcer l’effet stop motion.

Le travail principal a consisté à harmoniser l’étalonnage de chaque frame. J’ai utilisé divers outils pour analyser l’arrière-plan généré et ajuster les plans de Yoann afin de les intégrer de manière homogène.

Finalement, après que chaque séquence ait été composée, j’ai pu me mettre au montage et c’est à ce moment qu’une grande partie de l’écriture du récit s’est faite. En me basant sur nos discussions initiales, sur le message et l’intention, j’ai retranscrit cette sensation de monotonie, de vie dénuée de sens qui est celle d’une grande partie d’entre nous. Avec des moments parfois spéciaux, comme l’anniversaire, mais qui au fond ne sont que des instants qui se répètent d’année en année et qui se fondent dans nos vies rythmées par le travail, les transports, le repas et les nuits trop courtes.