akoll

Aurélien
Kollbrunner

création audiovisuelle, web et graphisme

Pivoines

Catégories : Graphisme, Musique, Photographie

Pivoines | HeyKey | Mai 2026

Ce morceau s’inscrit dans une démarche introspective autour de la mort et de ce qu’elle laisse derrière elle. Il ne cherche pas à apporter de réponse ni à adoucir la réalité, mais à capturer ce moment précis où tout devient froid, concret, irréversible. Le souvenir d’un corps sans vie prend le dessus, jusqu’à effacer peu à peu les images plus douces qui existaient avant. Il reste alors une sensation brute, presque physique, difficile à dissocier du reste.

La composition musicale appuie cette atmosphère. Le piano tombe en notes espacées, comme des gouttes régulières qui installent une forme de vide. Les violons et les contrebasses apportent du poids, une tension sourde qui ne lâche pas. Le xylophone fait apparaître par instants des fragments plus lumineux, des souvenirs qui reviennent sans jamais s’installer. Le snare, sec et discret, rappelle une horloge ancienne, un temps qui continue malgré tout.

Le morceau aborde aussi une autre forme de perte, plus lente. Celle de la mémoire qui s’efface. À travers ma grand-mère, il y a cette disparition progressive des repères, des visages, jusqu’à créer une distance irréparable. Même les souvenirs heureux finissent par se fragiliser.

Les pivoines reviennent comme un point d’ancrage. Elles portent à la fois la beauté des souvenirs et leur fragilité. Elles plient, changent, accompagnent le doute qui s’installe.

La voix de Matthias, Ma Rui Qiang, apporte une profondeur supplémentaire. Son timbre de baryton renforce la gravité du morceau. Tout reste retenu, presque suspendu.

Ce titre reste centré sur une sensation. Celle d’un contact froid avec la mort, suivi d’une perte progressive, où la mélancolie finit par prendre toute la place.