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Aurélien
Kollbrunner

création audiovisuelle, web et graphisme

Univers Infini

Catégories : Graphisme, Illustration, Musique

Univers Infini | HeyKey | Août 2025

Univers Infini est une plongée dans le vertige existentiel, un voyage où le rap se fait incantation. Sur une base mystique — un fragment méconnu d’Adagio, inversé et ralenti, qui ouvre une brèche hors du temps — s’élève une voix hantée, tantôt troubadour, tantôt prophète hagard.

Des échos de Merlin l’Enchanteur rappellent que notre monde n’est qu’un « grain de poussière dans l’univers », tandis que les caisses claires résonnent à l’infini, comme des battements perdus dans le vide cosmique.

Mon texte, à la fois cynique et poétique, déroule une quête intime face à l’immensité : l’insignifiance de nos maux, la fragilité de nos illusions, et ce désir obstiné d’arracher un sens à la vacuité. Entre abîme et lumière, chute et contemplation, Univers Infini met en scène un homme seul au sommet de sa tour, lançant ses mots dans l’écho glacé de l’espace, sans autre certitude que celle de sa petitesse — et de son obstination à en témoigner.

Le visuel

J’ai dressé une tour immense au milieu d’une terre qui a des bords — parce qu’au fond, même l’infini a besoin d’un cadre pour qu’on puisse s’y cogner. Au sommet, il y a moi, le troubadour hagard, planté entre le ciel étoilé et le vide cosmique, comme un figurant perdu dans un décor trop vaste pour lui. La demi-sphère scintille avec son soleil, sa lune, ses étoiles et ses nuages, pendant que la rivière s’échappe lâchement dans l’abîme, comme pour rappeler que tout finit par tomber dans le néant.

De là-haut, j’observe, je déclame, je m’égare. Mes mots ricochent sur la voûte céleste et se dissolvent aussitôt, indifférents aux Persée et Perséphone que je convoque en vain. La tour, c’est mon mégaphone ; l’univers, mon public absent. Et moi, je m’applaudis seul, puisque le vide est poli mais silencieux.

Cette image, c’est un paradoxe : une construction titanesque pour dire l’insignifiance. Un phare qui éclaire le néant. Une scène où la chute est aussi belle que la contemplation. J’ai peint l’univers comme un décor de théâtre, pour rappeler que nos rôles, nos saisons, nos diamants et nos charbons ne sont que des accessoires fragiles — futiles même — face à l’infini.