Noir & Blanc | HeyKey x Deuj la Hyène | Octobre 2025
Noir et Blanc est un titre que j’ai écrit dans la continuité de Thanatos, en gardant cette ambiance mélancolique et introspective. J’y expose ma vision sombre de la vie, mais aussi l’importance de ces étincelles de lumière qui surgissent grâce aux personnes que j’aime, celles qui me soutiennent et m’aident à tenir, comme Christy mon amour. Dans mes ténèbres, elles incarnent ces touches de blanc qui redonnent sens et espoir.
La composition musicale traduit cette dualité : une base de piano grave, lourde et enveloppante, qui symbolise le poids du noir, mais traversée par des notes plus aiguës, légères et lumineuses. Ces éclats sonores viennent rompre la pesanteur et reflètent les instants d’apaisement, de tendresse et d’humanité qui éclairent mon quotidien.
Noir et Blanc n’est pas seulement un constat mélancolique, c’est aussi une recherche d’équilibre : accepter l’ombre, mais ne pas oublier la lumière qui persiste, fragile mais vivante.
Sur le refrain, on y trouve la voix de mon amie Deuj la Hyène qui avait fait avec moi Philanthropes, un de mes premiers titres. Elle vient compléter ce tableau, son timbre contrastant avec le mien. Je tenais à ce qu’elle y pose sa voix aussi par ce qu’on a tout deux la même sensibilité.
Le visuel
Pour le visuel du tire, j’ai décidé de scanner un tableau qui avait été fait par ma fille Lou en 2021. Elle l’avait intitulé « Trou noir ». Ce tableau noir a été fait à une période charnière tant pour elle que moi et je ne sais pas si c’est les tumultes sombres de nos vies à cette période qui l’ont inspirée mais je pense que oui. C’est une illustration parfaite pour ce titre très personnel et je suis fier que celui-ci soit illustré par ma fille.
Le clip
En visionnant les archives VHS pour Thanatos, et notamment les vidéos du spectacle, j’ai eu l’idée de mettre ce projet en images, en y incarnant mon personnage de lapin. Alors que je suis sombre et éteint, Jade, aka Deuj la Hyène, y incarne la touche de lumière, l’étoile.
Pour ce clip, je suis retourné dans mon enfance : devant la maison de mon père, celle où j’ai vécu mes huit premiers printemps, au bord du lac où je faisais du vélo, dans la cour de l’école enfantine, dans la salle de gym et de spectacle de Veytaux. Chaque fois que je me suis rendu sur place, j’ai eu l’impression d’être à la recherche de quelque chose. Comme si j’allais pouvoir rattraper le passé, qui me semble s’être éloigné si vite.
Avant de me lancer dans le tournage, j’avais une idée très claire du cadre, des plans et des angles. Grâce à mon ami Alessandro, nous avons pu expérimenter tout cela en photo. Nous avons réalisé un shooting de repérage qui a validé pour moi l’aspect visuel et l’étalonnage. C’est ensuite mon ami Ludo qui est passé derrière la caméra, en se basant sur les images d’Aless et sur mes idées, tout en y apportant son savoir-faire et ses suggestions.
Nous avons eu deux jours de tournage où tout s’est aligné. Le minibus que nous voulions louer, et qui semblait indisponible, s’est finalement libéré. La neige annoncée n’a pas entravé le tournage des plans du bus. La commune de Veytaux a accepté de nous prêter la salle de mon enfance sans contrepartie. Et la météo, qui s’annonçait ensoleillée pour le second jour, nous a finalement offert exactement les nuages qu’il fallait pour diffuser la lumière.
Je tiens à remercier Jade pour sa présence et sa prestation dans la musique comme dans le clip, Marie-Laure qui a conduit le minibus avec brio, Ludo pour avoir mis en images ce que j’avais dans la tête, Ezéchiel pour ses photos sublimes sur le tournage, la commune de Veytaux pour le prêt de la salle, ainsi que Fernando Marinheiro, responsable des infrastructures, pour ses explications et sa disponibilité.
Lors de notre rencontre pour la récupération de la salle, Fernando m’a raconté qu’il avait connu mon père. Il m’a parlé de lui avec des mots positifs, quelque chose qui ne m’était jamais arrivé. Ce moment a résonné étrangement avec le sens de ce clip : une histoire de souvenirs, d’absence, et de choses qui restent parfois inachevées.